Bienvenue sur le site officiel de la ville de Font-Romeu Odeillo Via située dans les Pyrénées Orientales (66). 
Retrouvez toute l’information sur la commune et sur l’ensemble des services utiles aux romeufontains et à leurs visiteurs.

on reparle des Maudites Chenilles et de leurs hérétiques processions...

Après une courte trêve, la chenille processionnaire mène une forte attaque automnale de nos forêts de pins (comme cela a été observé dans le sud de la France). Les arbres arborent de sinistres cocons blancs remplis de chenilles boulimiques qui pendant la nuit dévorent leurs aiguilles. Ces derniers avec leurs silhouettes dépouillées interpellent le passant inquiet.

Principales interrogations de celui-ci :

Est-ce lié à un phénomène exceptionnel?
Cette attaque est exceptionnelle dans son intensité, et sa précocité est sans aucun doute due  aux conditions particulièrement favorables (ensoleillement et température) du  printemps, de l’été et de l’automne de cette année.  En outre ces conditions exceptionnelles ont sans doute contribué au réveil de chrysalides enterrées dans le sol depuis quelques années (diapause nymphale).
 
Est-ce la mort des forêts?
Non, les arbres concernés peuvent supporter plusieurs attaques consécutives. Leur croissance est certes interrompue mais ils reverdiront dès la fin de l'attaque, comme on a pu le constater lors d’attaques précédentes.

           

Se donne-t-on les moyens de lutter efficacement contre cette invasion ?
Divers moyens de lutte existent et ont été appliqués : traitement aériens (quand la réglementation le permet), piégeage par appât phéromone comme cela a été fait à Estavar ou à la Tour de Carol. Mais quelle que soit la méthode son succès est lié à l'état sanitaire des forêts voisines. C'est donc une lutte qui devra être menée au niveau intercommunal voire transfrontalier : l'Espagne  fait face elle aussi à ce parasite.  Ce parasite  étant difficile à éradiquer, le but de la lutte engagée sera de le réguler.

           

Y-a-t-il un danger ?
Hors zone habitée le danger est limité. Il suffit d'éviter de côtoyer les cocons par temps venteux, d'y toucher et aussi de laisser divaguer les chiens.

           

En sortira-t-on ?
Oui bien sûr, ce ravageur suit des cycles d’environ 7 ans et nous nous trouvons certainement à la fin d'un de ceux-ci. A certains endroits, des processions dites de « famine » ont été constatées, faute de réserves alimentaires suffisantes car les peuplements sont totalement défoliés. Au printemps dernier sur les collines de Llivia, les cocons examinés sur les arbres totalement « grillés » n'étaient remplis que de chenilles mortes de faim. A ce jour ces mêmes arbres ont reverdi.

La plupart des ravageurs suivent cette alternance de pics et de pauses et on en trouve souvent la trace sur les anneaux de croissance visibles sur une tranche de bois :

Chaque 6 à 8 ans un ou deux anneaux sont de moindre épaisseur. Cette remontée dans le temps confirme que ce ravageur, si déplaisant soit-il, est depuis de longues années dans l'écosystème forestier. 

Bruno ROBERT Bruno (Guide forestier - Pyrénées-Orientales)

Haut de page